Parler
« Les façons de parler sont aussi et d’abord des façons de penser»
Cest principalement la fête des anciens, merveilleusement organisée par les plus jeunes … Prosit Cécile !
90 ans de Cécile
Allocution de Jean-Paul
Chère petite sœur Cécile
Merci pour ton aimable invitation à cet événement qui n’arrive qu’une fois dans la vie. Qui l’eut cru il y a 80 ans en arrière, qu’on serait encore de ce monde aujourd’hui. Même pas Lustucru !
Il était une fois…
Adieu jeunesse, ivresse, pirouettes et conquêtes.
Adieu jeune fille joyeuse.
Adieu aux illusions perdues, aux désirs déçus.
A 18 ans tu voulais aller à Berlin en vélo. A 74 ans tu as été à Saint-Jacques de Compostelle en scooter, 2 300 km en 12 jours. Que de chemin parcouru entre ces 2 dates : rue de Bitche, rue de Graefinthal, Holbach, maison rouge, Espagne, Tunisie, que de souvenirs…
Tu as tracé ta route, parsemée de virages et de bosses, de pluie et de beau temps, de vents contraires, de circonstances pas toujours tendres avec toi mais aussi de beaux paysages, de soleil et de satisfactions, pour arriver à l’automne de ta vie.
« L’essentiel en ce monde n’est pas l’endroit où nous sommes, mais la direction dans laquelle nous avançons. »
Les yeux de l’esprit ne commencent à s’ouvrir que lorsque les yeux du corps commencent à se fermer. Quand la beauté de la floraison s’efface au profit du fruit mûr et quand les rêves d’enfant semblent se réaliser, on peut dire qu’on a réalisé sa vie.
Cécile a de grands yeux rêveurs qui se sont tournés vers le ciel. Sur les chemins de Compostelle, sa vie a fait machine arrière. Autre souvenir, autre voyage, né au matin de son retour, Lenny, un bel enfant aux yeux d’amour, a dissipé tous les nuages.
Pour terminer mon speech, je voudrais t’offrir quelques vers sous la forme d’un petit poème du sourire :
Comme la rose au clair matin, épanouie,
lève ton front, Cécile, et souris à la vie,
un sourire à l’aurore,
un sourire à la nuit,
un sourire à l’azur
au nuage qui fuit.À la graine qui germe, à l’épi qui murit,
à l’enfant qui s’affirme, au vieillard qui fléchit,
au printemps qui promet,
à l’automne qui donne
à l’hiver qui rugit,
à l’été qui fredonne.Un sourire du cœur, qui passe dans l’étreinte
d’une main qui se donne et qui s’ouvre sans feinte,
un soutire à la vie,
un sourire à la mort,
un sourire à tous,
c’est le ressort des forts.Jean-Paul, le Papy de la Kirschlerie,
28 février 2026.
Jean-Paul, le Papy de le Kirschlerie,
28 février 2026.
Les sommets des Alpes enneigés en arrière plan de Nice (© Roger Genette)
Mimosas
Le Tanneron embaume
Les hauteurs de l’arrière pays sont encore couvertes de neige, pourtant la récolte des mimosas bat son plein. Le week-end de la fête annuelle des mimosas à Tanneron a eu lieu la semaine précédant notre arrivée. Les chemins forestiers autour des Marjoris agrémentent nos promenades car ils sont un enchantement pour les yeux, les oreilles et les narines.
La bécasse dans le massif
La « bécasse des bois », appellation couramment employée à Tanneron, n’est pas une variété de bécasse locale. Il s’agit de l’espèce européenne classique Scolopax Rusticola chassée en hiver dans le massif.
C’est un oiseau migrateur du nord de l’Europe et de Sibérie, venant hiverner chaque automne dans les forêts méditerranéennes, dont celles du Var.
Morphologie
– Taille : env. 35 cm ; envergure : 56–60 cm
– Poids : 250–420 g
– Long bec droit, idéal pour sonder le sol
– Plumage cryptique : brun, roux, mordoré, avec des motifs très complexes permettant un camouflage parfait dans les sous‑bois
Comportement
– Oiseau nocturne et très discret
– Se repose dans les taillis le jour, se nourrit la nuit dans les prairies et vignes
– Régime dominé par les vers de terre (≈80 %)
Présence dans le Var
– Arrive dès septembre depuis le nord de l’Europe
– Hiverne régulièrement sur le littoral méditerranéen et dans les massifs forestiers comme le Tanneron.
Sources : https://www.gerardmady-photos.com/
et https://www.oiseaux.net/photos/gerard.mady/becasse.des.bois.2.html#espece
Crêpes chez Soizic
À Nice chez les cousins
Les Genette se sont débarrassés de leur voiture, c’est donc nous qui leur avons rendu visite à Nice. Depuis les hauteurs de Tanneron nous voyions dans le lointain les hauteurs des Alpes de Haute-Provence. À notre arrivée, par une très belle journée ensoleillée, le panorama dépassa toutes nos espérances.
Nous étions en avance, cela nous a permis, avant de nous rendre chez les cousins, de visiter la cathédrale orthodoxe russe.
Le Tzar et Nice
Cathédrale orthodoxe de Nice, fidèles devant l’iconostase, le mur qui sépare les fidèles des célébrants.
Cathédrale orthodoxe de Nice
– Adresse : Avenue Nicolas II, 06000 Nice
– Site officiel en russe , français ou anglais : sobor.fr
Son statut en quelques mots :
– Propriétaire : Fédération de Russie (depuis les décisions judiciaires de 2010–2011).
– Gestion religieuse : Diocèse de Chersonèse (Patriarcat de Moscou).
– Protection patrimoniale : Monument historique français.
– Origine du statut : propriété impériale russe jamais légalement transférée après 1917.
La Cathédrale Saint‑Nicolas se singularise par :
- La plus grande cathédrale orthodoxe d’Europe occidentale
C’est l’un des édifices orthodoxes russes les plus importants hors de Russie, ce qui en fait déjà un monument exceptionnel par son ampleur et son statut. - Un pur style « néo‑russe »… en plein cœur de Nice
Elle reproduit fidèlement les églises moscovites de la fin du XVIᵉ et du début du XVIIᵉ siècle :
– cinq coupoles « à bulbe » typiquement russes,
– façades en briques colorées,
– iconographie et décor intérieur orthodoxes.
Ce contraste avec l’architecture baroque et Belle Époque niçoise la rend immédiatement reconnaissable. - Une innovation technique : les coupoles en béton armé
Malgré son apparence « vieille Russie », la cathédrale est une construction audacieuse pour son époque :
– fondations et volume central en béton armé,
– coupoles elles‑mêmes en béton armé,
ce qui était très moderne au début du XXᵉ siècle. - Un édifice impérial financé par Nicolas II
La cathédrale a été construite sur un terrain appartenant personnellement au tsar Nicolas II, qui en a permis et financé la réalisation.
Elle témoigne de l’importance de la communauté russe sur la Côte d’Azur à cette époque. - Une œuvre d’un architecte de la Cour impériale
Elle est conçue par Mikhaïl Préobrajenski, architecte officiel de la Cour impériale de Russie, qui supervise le chantier depuis Saint‑Pétersbourg. L’édifice adapte le modèle russe aux techniques et au contexte niçois. - Un monument historique et un « Patrimoine du XXᵉ siècle »
Classée monument historique en 1987, elle a aussi reçu le label « Patrimoine du XXᵉ siècle », ce qui souligne son importance à la fois artistique et technique.
La présence russe à Nice, du 18ᵉ siècle à nos jours :
1. Les débuts (XVIIIᵉ siècle – 1860)
– 1770 : première mention d’un Russe à Nice .
– À cette époque, Nice appartient encore au royaume de Sardaigne.
– Les premiers visiteurs russes sont des aristocrates, diplomates ou voyageurs attirés par :
– le climat doux,
– les séjours thérapeutiques (médecins européens recommandent la Riviera pour les maladies pulmonaires),
– la mode du « Grand Tour ».
La présence reste limitée mais régulière.
2.L’essor spectaculaire (1860 – 1914)
Cette période est fondatrice : Nice devient un véritable « hiver russe ».
Pourquoi cet essor ?
– 1860 : rattachement de Nice à la France, ce qui rassure les élites russes.
– Le climat hivernal doux attire une aristocratie russe très fortunée.
– Les séjours deviennent saisonniers, puis résidentiels.
Une colonie russe importante
– Dès les années 1860‑1870, la communauté russe est suffisamment nombreuse pour acheter des terrains et bâtir des lieux de culte.
– 1867 : achat d’un terrain pour le cimetière russe de Caucade .
– 1867‑1868 : construction de la chapelle du tsarévitch Nicolas Alexandrovitch (sur le site de l’actuelle cathédrale) .
Un âge d’or culturel et architectural
Les Russes laissent une empreinte profonde :
– villas et palais de style russe,
– mécénat artistique,
– fréquentation par la famille impériale Romanov,
– développement d’infrastructures (théâtres, jardins, œuvres caritatives).
Une exposition récente rappelle l’importance de cette période (1860‑1914) .
3. La rupture et la transformation (1917 – années 1990)
Après la Révolution de 1917
– Arrivée massive des « Russes blancs », aristocrates et intellectuels fuyant le bolchévisme.
– Nice devient l’un des centres majeurs de l’émigration russe en Europe occidentale.
– La communauté se structure autour de :
– la cathédrale Saint‑Nicolas,
– des associations culturelles,
– des écoles et cercles intellectuels.
Entre-deux-guerres et après-guerre
– La communauté vieillit, s’appauvrit, mais reste culturellement active.
– Le cimetière russe, la cathédrale et les villas demeurent des lieux de mémoire.
4. Le renouveau contemporain (années 1990 – aujourd’hui)
Après la chute de l’URSS
– Retour d’une présence russe plus économique et touristique.
– Arrivée de nouveaux résidents : entrepreneurs, retraités aisés, touristes.
– Restauration et valorisation du patrimoine russe (cathédrale, chapelle, villas).
Aujourd’hui
– La cathédrale Saint‑Nicolas est propriété de la Fédération de Russie (après un long contentieux juridique).
– Nice conserve un héritage russe très visible :
– architecture,
– toponymie,
– cimetière,
– institutions culturelles,
– événements commémoratifs.
– La présence russe actuelle est plus diverse :
– résidents secondaires,
– étudiants,
– membres de la diaspora historique.
Récit de la présence pluriséculaire russe à Nice :
La présence russe ne s’est pas imposée d’un seul bloc : elle s’est tissée lentement, par vagues successives, au gré des climats politiques, des modes aristocratiques et des bouleversements du monde.
Elle commence discrètement au 18ᵉ siècle : en 1770
le prince Alexeï Orlov, commandant de la flotte russe se dirigeant vers les eaux turques, fait une escale dans la rade de Villefranche. Le même Orlov est de retour à Nice en 1781 pour soigner la santé de son épouse.
Il est suivi par quelques voyageurs de l’Empire russe venus découvrir la douceur hivernale de la Riviera.
Nice appartient alors au royaume de Sardaigne, et ces premiers visiteurs — diplomates, aristocrates, curieux du « Grand Tour » — ne sont encore qu’une poignée. Ils viennent chercher un air plus clément, des soins, un repos que les médecins européens recommandent pour les affections pulmonaires. Rien ne laisse encore présager l’importance que prendra cette présence.
Tout change après 1860, lorsque Nice devient française.
La ville, déjà prisée par l’aristocratie européenne, attire désormais les élites russes en quête d’un hiver lumineux et mondain. C’est le début d’un véritable âge d’or. Les Russes ne se contentent plus de séjourner : ils s’installent, achètent des terrains, bâtissent des villas, des jardins, des lieux de culte.
Pour discuter d’un rapprochement entre la France et la Russie, le tsar Alexandre II (le père de Nicolas II qui fit construire plus tard la cathédrale) arrive à Villefranche, le 21 octobre 1864 avec son épouse Maria Alexandrovna.
Le tsar et Napoléon III qui, pour l’occasion, a utilisé le nouveau tronçon de ligne de chemin de fer qui venait de s’ouvrir jusqu’à Nice, se rencontrent à la villa Peillon de Nice, le 28 octobre 1864 (gravure ~ 1870).
Le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch, déjà malade et héritier du trône de Russie, arrive à Nice pour retrouver ses parents le 13 novembre 1864. Puis il part faire un voyage en Italie à la fin du mois, mais sa maladie se développe, l’obligeant à revenir à Nice où séjourne la famille impériale russe. Les médecins finirent par admettre qu’il était atteint de tuberculose osseuse touchant les vertèbres et de méningite. L’infection se propage aux méninges, causant une méningite dont il décèdera le 24 avril 1865 à la villa Bermond qui occupait autrefois tout le terrain. (Srce : Wikipedia)
On imagine aisément que ce fut un événement particulièrement éprouvant pour la dynastie des Romanof à Nice. L’année même de la mort du tsarévitch, Alexandre II acquit les parcelles de terrain pour y faire construire en 1869 un mausolée à la mémoire de son fils aîné le tsarévitch Nicolas Alexandrovitch. Plus tard, pendant l’édification à proximité de la grande cathédrale Saint‑Nicolas de 1903 à 1912, les travaux entrainèrent le réaménagement de l’ensemble du site. Aujourd’hui, les piliers de la grille du portail d’entrée du domaine russe marquent symboliquement l’accès au domaine et rappellent cet épisode douloureux.
П А М Я Т Ь

Le mot russe ПАМЯТЬ [pamiat] signifie «·en mémoire de·»
Il
parait qu’une plaque en bronze, disparue comme la plaque en pierre qui l’a remplacée, disait :
«·На сем месте скончался Наследник Цесаревич Николай Александрович·»
ce qui veut dire
«·À cet endroit est décédé le Tsarévitch héritier Nicolas Alexandrovitch.·»
En 1867, les russes acquièrent le terrain du futur cimetière de Caucade ; l’année suivante, ils édifient la chapelle commémorant la mort du tsarévitch Nicolas Alexandrovitch, prémisse de la future cathédrale Saint‑Nicolas. La famille impériale elle‑même fréquente Nice, et la ville devient, chaque hiver, une sorte de capitale russe hors les murs, où se croisent écrivains, musiciens, aristocrates et diplomates.
La Révolution de 1917 bouleverse cet équilibre. Une nouvelle vague arrive, non plus pour le plaisir mais pour fuir : ce sont les « Russes blancs », aristocrates, officiers, intellectuels chassés par le bolchévisme. Nice devient alors un refuge, un lieu de mémoire et de reconstruction. La communauté s’organise autour de la cathédrale, des associations culturelles, d’écoles et de cercles intellectuels. L’entre‑deux‑guerres voit cette diaspora s’enraciner, même si elle s’appauvrit progressivement. Après 1945, elle vieillit, se réduit, mais continue de faire vivre un héritage spirituel et culturel très fort.
Il faut attendre la fin du 20ᵉ siècle pour qu’un renouveau s’amorce. La chute de l’URSS ouvre une nouvelle période : touristes, entrepreneurs, retraités aisés et étudiants redécouvrent la Côte d’Azur. Les liens se retissent, les séjours se multiplient, et le patrimoine russe de Nice — cathédrale, chapelle, villas — fait l’objet de restaurations et d’une attention renouvelée. La cathédrale Saint‑Nicolas, après un long contentieux juridique, devient propriété de la Fédération de Russie, ce qui souligne la continuité symbolique entre l’histoire impériale et la présence contemporaine.
Aujourd’hui, la présence russe à Nice n’a plus le visage homogène qu’elle avait au 19ᵉ siècle. Elle est plus diverse, plus discrète parfois, mais toujours perceptible : dans l’architecture, dans les noms gravés au cimetière de Caucade, dans les associations culturelles, dans les événements commémoratifs, dans la silhouette familière des coupoles vertes et dorées de la cathédrale. Elle est devenue une composante durable de l’identité niçoise, un fil qui relie la ville à une histoire européenne plus vaste, faite de voyages, d’exils, de rencontres et de mémoires entremêlées.
Un statut juridique compliqué
Le statut juridique de la cathédrale Saint‑Nicolas de Nice est le résultat d’une histoire de propriété, de droit français et de relations internationales. La cathédrale Saint‑Nicolas n’est pas seulement un monument religieux : c’est aussi un cas juridique singulier, où se croisent droit français, héritage impérial russe et enjeux diplomatiques contemporains.

- Un édifice construit sur un terrain impérial (début XXᵉ siècle)
Lorsque la cathédrale est construite entre 1903 et 1912, le terrain appartient à l’Empire russe, plus précisément au tsar Nicolas II.
L’édifice est financé par la famille impériale et conçu par l’architecte Mikhaïl Préobrajenski, architecte de la Cour impériale .
Dès l’origine, la cathédrale est donc liée juridiquement à l’État russe. - Après 1917 : un flou juridique durable
La Révolution russe bouleverse la situation.
La communauté des « Russes blancs » exilés prend en charge l’usage de la cathédrale. Pendant des décennies, elle est administrée par une association cultuelle rattachée à l’Archevêché des Églises orthodoxes de tradition russe en Europe occidentale (patriarcat de Constantinople).
Cependant, la question de la propriété du terrain et du bâtiment reste ouverte :
– l’association gère l’édifice,
– mais le terrain demeure juridiquement lié à l’ancien Empire russe, donc à l’État russe contemporain. - Le contentieux (2005–2011)
Au début des années 2000, la Fédération de Russie revendique officiellement la propriété de la cathédrale, estimant qu’elle n’a jamais cessé d’être un bien de l’État russe.
S’ensuit un long litige entre :
– la Fédération de Russie,
– l’association cultuelle locale (Archevêché des Églises orthodoxes de tradition russe).
Les juridictions françaises tranchent successivement :
– Tribunal de grande instance de Nice (2010) : reconnaît la Fédération de Russie comme propriétaire légitime.
– Cour d’appel d’Aix-en-Provence (2011) : confirme ce jugement.
L’Archevêché exprime alors sa consternation face à ces décisions . - Depuis 2011 : propriété de la Fédération de Russie
Les décisions de justice françaises établissent clairement que :
– la Fédération de Russie est propriétaire du terrain et du bâtiment,
– l’association cultuelle historique n’en est plus gestionnaire.
La cathédrale est désormais administrée par le Diocèse de Chersonèse, représentant du Patriarcat de Moscou en France . - Un monument protégé par le droit français
Indépendamment de sa propriété, la cathédrale est :
– classée Monument historique depuis 1987 ,
– labellisée “Patrimoine du XXᵉ siècle”.
Cela signifie que :
– l’État français contrôle les travaux,
– toute modification doit respecter les règles de conservation du patrimoine,
– la protection s’applique quel que soit le propriétaire.













































