Mars

2025

vars jo (7)
Le Mont Jovet en raquettes

Vous avez dit Numérique ?

« On se démène avec des outils [d’informatique] qui changent tous les jours et on passe plus de temps à comprendre le système qu’à travailler » (un employé dans l’immobilier)

Les Arcs, vue sur le Mont Blanc (© Joana)

Cousines et cousins aux Arcs

vars jo (5)Sauterelles Garin et criquets Couturier aiment à se retrouver en hiver à Peisey-Nancroix pour pour pratiquer le ski de piste aux Arcs, le ski  de fond à Vallandry, vaincre le Mont Jovet en raquettes et, pour nos petits-enfants, se retrouver entre cousins, copains et copines. 
Cela est devenu une habitude pour les deux familles de nos filles de se retrouver en montagne pendant les vacances d’hiver. Elles ont bénéficié cette année d’une météo exceptionnelle pendant leur séjour à Peisey.

Margaux semi-marathonienne

margaux semi marathonÇa y est je peux le dire, j’ai terminé mon 1er semi marathon. Je n’ai peut être pas le style ni la morphologie d’une runneuse aguerrie, mais j’ai osé, je me suis donné les moyens, je l’ai fais, et j’en suis fière.

Après des hauts et des bas dans le sport je m’y suis remise tant bien que mal il y a 8 mois, sans trop d’objectifs. Petit à petit j’y ai pris goût et j’ai même pu dire que j’y prend du plaisir et la sensation que ce sport peut me procurer me pousse à y retourner. Être libre de courir sur n’importe quel chemin, entre forêts et prairies au grès du vent, cette satisfaction et envie de s’améliorer petit à petit m’apprends à être fière de moi !

Merci à mon Amour Gilles Léonard de me soutenir dans le quotidien pour que je puisse consacrer du temps à ce loisir, merci à mes amies et mes proches de m’encourager et me soutenir (et me supporter). Merci à ma partenaire de course Marie qui m’accompagne dans cette folie. Et merci à ma cousine Laurine Tos de m’avoir cédé son dossard pour cette course mythique. Elle m’inspire par son parcours sportif (oui oui, c’est une machine cette fille) et ses conseils sont toujours bon à prendre.

 « L’essentiel n’est pas la ligne d’arrivée mais le parcours effectué – I did it ! »

La suite en mai aux – Courses de Strasbourg – Eurométropole

La majorité pour Victor2011 almagell victor vanessa (web)

2025 victorApprendre d’où l’on vient permet de mieux savoir où l’on est et d’envisager sereinement où l’on va. Victor a son permis de conduire, va passer le baccalauréat et entamera des études supérieures à l’automne. Depuis 2011, avec de bons modèles, il a fait du chemin. Il est en piste pour accomplir son destin ! Bonne route Victor …

Chanteuse de Jazz

École de musique des KirscHou

2025 mars chorale bois d'arcy (bandeau)

À Bois-d’Arcy nos petits-enfants apprennent le piano, mais participent activement à la chorale et aux chants en général. À en croire cette nouvelle vidéo de trois minutes, il semble que notre petite-fille devient routinière du chant avec orchestre dans la chanson de Jean-Louis Aubert «·Demain sera parfait·».

Prestation avec orchestre

« Demain sera parfait »
de Jean-Louis Aubert :

Je veux chanter
Je veux te faire oublier
Ton âme en peine
Ton manque de veine
Je veux chanter et te baratiner
Demain sera parfait

Je veux chanter
Je veux te faire t’agiter
Sur les décombres
De notre monde
Je veux chanter et je veux te faire chanter
Demain, je m’y remets

Les pugilats, les combats
Les arguments à deux balles
Laisse-les là ils sont bien
Au pied des tours infernales
Les petits malfrats, les quinquas
Les gros banquiers en cavale
Laisse-les aux radios matinales

Je veux danser
Je veux danser sur les braises
Il fait si chaud
Mets-toi à l’aise
Je veux danser comme un derviche balaise
Les deux pieds dans la glaise

Les petits cadors en goguette
S’occupent déjà de nos dettes
Les petits castors à ressort
Ils sont encore bien plus forts
Si dans nos villes ça sent fort
Ils prennent en charge la mort
Laisse-les donc à leur sort

Je veux chanter
Je veux te faire oublier
Le mal de vivre
Le mal d’aimer
Je veux chanter
Et je veux te faire mentir
Demain, je m’y remets

Donne-moi la main, camarade
Tout ça c’est de la rigolade
Donne-moi la main, camarade
Même si on est dans la panade
Demain sera parfait

Je veux chanter
Je veux te faire oublier
Ton âme en peine
Ton manque de veine
Je veux chanter et te baratiner
Demain sera parfait
Demain sera parfait
Demain sera parfait

Nady et Robert s’immergent dans de l’œuvre de Vincent Van Gogh.

Van Gogh est devenu une véritable légende mondiale, mais de son vivant il n’a assisté à la vente que d’un seul de ses tableaux. À présent, les montants des cinq ventes au enchères les plus astronomiques ont dépassé la centaine de millions de dollars :

  • 117 200 000 $ : « Verger avec cyprès, 1888 » vendu par Paul G. Allen Estate en 2022
  •   82 500 000 $ : « Portrait du Docteur Gachet » vendu par Christie’s New York en 1990
  •   81 300 000 $ : « Laboureur dans un champ » vendu par Christie’s New York en 2017
  •   78 000 000 $ : « Portrait de l’artiste sans barbe, 1889 » vendu par Christie’s New York en 1998, considéré comme le dernier autoportrait en cadeau d’anniversaire à sa mère.
  •   71 400 000 $ : « L’allée des Alyscamps » vendu par Edwin L, Cox en 2021. La peinture représente les cabanes en bois visibles depuis la chambre de Van Gogh à l’asile de Saint-Rémy-de-Provence.

 

Les Tournesols figurent parmi les œuvres les plus célèbres de Van Gogh. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il n’y a pas qu’un seul tableau des Tournesols, mais deux ensembles de toiles, onze au total, dispersées aujourd’hui dans des galeries du monde entier. La version la plus célèbre est conservée à la National Gallery de Londres.

van gogh les tournesols national gallery londres
Tournesols – National Gallery – Londres

Van Gogh crée la première série à Paris en 1887, alors qu’il vit avec son frère Théo. La série comprend quatre toiles représentant des tournesols sur une table. Au cours des deux années suivantes, Van Gogh se consacre à la création de la deuxième et plus célèbre série (1888-1889), représentant des tournesols dans un vase.
Cette série se compose de sept toiles au total, dont l’une disparaît pendant la Seconde Guerre mondiale.

La correspondance entre Van Gogh et son frère révèle sa grande passion pour la nature. Au début de sa carrière, il crée des natures mortes florales. Le choix des tournesols comme sujet n’est pas fortuit. Ces fleurs sont en vogue dans les années 1870 et se retrouvent, entre autres, dans les jardins rustiques typiques de l’époque, comme celui de Monet. Le premier tableau de la série des Tournesols de Van Gogh est exposé dans un café-restaurant à Paris, où Gauguin le remarque et en est immédiatement impressionné. Cette reconnaissance, notamment d’un pair que Van Gogh admire profondément, l’encourage à s’installer dans un atelier à Arles.

Une fois installé à Arles, en 1888, il écrit à son frère : « Dans l’espoir de vivre avec Gauguin dans un atelier bien à nous, je voudrais faire une décoration pour l’atelier. Uniquement de grands tournesols. [ … ] J’y travaillerai tous les matins, dès le lever du soleil, car les fleurs se fanent vite et il faudra tout faire d’un seul coup ». Il accroche plusieurs de ses Tournesols dans la chambre d’amis destinée à Gauguin, qui décrira plus tard ces œuvres comme « une page essentielle du styleVincent” ». Ces œuvres inspirent le tableau de Gauguin intitulé Le peintre de tournesols.

Les tournesols semblent être un prétexte à une étude de la couleur, plus précisément du jaune. Dans l’une de ses versions, Van Gogh incorpore une trentaine de nuances différentes. Les nuances contrastées du jaune confèrent aux Tournesols une énergie vibrante. Notez le jeu de couleurs entre le vase et son environnement : pour la table et le fond, il utilise les couleurs du vase et les inverse, accentuant l’effet saisissant de l’œuvre.

Des tournesols en fleurs, flétris, avec des graines prêtes à être récoltées… Van Gogh illustre chaque phase de la vie du tournesol dans un seul bouquet. Il s’inspire de la nature, tout en prenant des libertés, ce qu’il admet : « J’exagère, je modifie parfois un motif, mais pour autant, je n’invente pas tout le tableau; au contraire, tout est déjà dans la nature, il suffit de le démêler ». En choisissant des tournesols, des fleurs qui ont la particularité de repousser, et en les présentant à différents stades de leur vie, toujours dans le même arrangement, Van Gogh crée une métaphore du cycle de la vie.

Lors des funérailles de Van Gogh, son cercueil est orné des fleurs jaunes qu’il aimait tant. En sa mémoire, son ami, le docteur Gachet, a planté des tournesols sur sa tombe.

2025 louis 9 mars a st joseph (detail)Louis Dubois

Le mois dernier j’attirais humoristiquement l’attention sur les risques de chute inhérents au grand âge. Louis, le frère aîné de Nady, a rechuté ce mois-ci à son domicile, toujours sans dégât majeur, mais il ne tient plus sur ses jambes. Cela a conduit à une hospitalisation avec quelques jours d’observation. Depuis quelques temps déjà, ne pouvant plus s’exprimer ni verbalement ni par écrit, Sonia, épuisée, a malheureusement dû se résoudre à le faire prendre en charge dans un un établissement spécialisé.

2004 yves (portrait)
Yves en 2004

Yves Dubois – In memoriam

Ce 18 mars 2025, Yves notre cousin, doublement cousin avec Nady, n’a pas daigné se réveiller à l’appel de Mireille pour le petit déjeuner. Il me reste le souvenir d’un gentleman joyeux de vivre, spontané, d’agréable compagnie et sachant manier un humour subtile. Paix à son âme.

En 2021, notre dernière rencontre entre cousins  à Auribeau au Moulin du Sault dans le Var. Les confinement de l’épidémie de Covid-19 avaient repoussé la célébration des Noces d’Or de nos trois couples (Dubois, Genette, Kirsch) de 2020 en 2021.

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150e anniversaire de Maurice Ravel

Extrait de la soirée exceptionnelle du 9 juillet 2014 à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Maurice Ravel le 7 mars 1875 :
Pour ses adieux à l’Opéra de Paris, Nicolas Le Riche danse le boléro de Ravel par Maurice Béjart. Quinze fascinantes minutes·!

À écouter sur YouTube (32 minutes) : le concerto en sol pour piano par Martha Argerich / Orchestre national de France / direction Emmanuel Krivine).

Cinq ans après

il faut briser le silence sur le Covid

Le 17 mars 2020, commençait la plus grande crise qu’a connue le monde depuis la seconde Guerre mondiale. Ce 17 mars 2025 marque le cinquième anniversaire du premier confinement en France. La peur, les masques, les morts, l’isolement… Or nous faisons comme si la pandémie de Covid-19 n’avait été qu’une petite crise de rien du tout. C’est comme si, sitôt sortis de la crise, on avait voulu passer à autre chose. Il s’agit pourtant de la plus grande crise que notre génération ait connue, or nous faisons comme si elle n’avait rien à voir avec les maux actuels de notre jeunesse.

Coronavirus SARS-CoV-2 (Credit NIAID-RML usage libre)
Sras-CoV-2 est la septième souche à pouvoir infecter l’humain (Credit NIAID-RML usage libre)

L’article de Leonie Breebaart dans le quotidien Trouw (Amsterdam) souligne l’importance de ne pas minimiser la pandémie de Covid-19 et ses impacts sur la société, notamment sur les jeunes. Il met en évidence plusieurs aspects :

  1. Le déni collectif des émotions liées au Covid : Malgré l’ampleur de cette crise, on observe une tendance à éviter de discuter des émotions éprouvées, comme la peur, l’isolement ou la perte, créant ce que certains appellent une «·conspiration contre les émotions·».

  2. Conséquences chez les jeunes : La pandémie a accentué les difficultés pour les jeunes, notamment en matière de santé mentale, mais ces impacts sont rarement associés directement au Covid-19.

  3. Comparaison avec la Seconde Guerre mondiale : L’auteur compare la réaction post-pandémie avec celle après la Seconde Guerre mondiale, où l’on préférait oublier les souffrances pour avancer, au risque de générer des troubles à long terme.

  4. Un besoin de commémoration : Contrairement à des initiatives comme le mur de mémoire à Londres, les Pays-Bas ont opté pour des actions plus modestes, qui ne suffisent pas à honorer l’ampleur des pertes et des expériences vécues.

  5. Proposition de donner la parole aux jeunes : L’article suggère de créer des espaces publics pour que les jeunes puissent partager leurs récits et émotions, afin de briser le silence collectif.

L’article : Courrier International (paru dans dans Trouw le 17 mars 2025, traduit du néerlandais)

Revisiter la page KIRSCH au moment de la pandémie :  https://r-kirsch.fr/pandemie-virale-2020/

Les cahiers de doléances

2018, vous souvenez-vous ?

En réponse au mécontentement des « gilets jaunes » et de la crise qui a débuté en 2018, notre président de la République, Emmanuel Macron, ouvrait un Grand Débat national et enjoignait les maires à ouvrir, dans chaque mairie, un cahier de Doléances. Plus de 200·000 contributions rédigées à la main ont ainsi été recueillies sur 19·899 cahiers qui n’avaient jamais été publiés. Hélène Desplanques, réalisatrice TV, et Fabrice Dalongeville, maire d’un village dans l’Oise, sont partis à la rencontre d’auteurs de doléances et de collectifs de citoyens avec un espoir : faire publier Les Doléances, et rendre la parole à celles et ceux qui l’avaient prise en 2019.

Une majorité des doléances se présente comme une forme de collaboration entre les rédacteurs et les autorités à qui ces écrits s’adressent. Les personnes qui se sont senties autorisées à venir s’exprimer, à l’écrit et en mairie, font de véritables propositions d’économie politique et se placent sur un pied d’égalité avec les gouvernants.

Voir la source : The Conversation.

Que contiennent ces cahiers de doléance ?

Rédigés par près de deux millions de personnes après le mouvement des « gilets jaunes », ces témoignages représentent une inestimable photographie de la France contemporaine.

Depuis trois ans, des milliers de contributions sont « enterrées » dans les archives départementales des 101 départements français. Aujourd’hui, ces cahiers sont très difficilement accessibles au grand public. Depuis les doléances révolutionnaires, il n’y avait pas eu d’exercice de démocratie directe avec une aussi large participation : environ 2 millions de contributions au total. Comment ces textes, éminemment politiques, ont-ils pu être occultés du débat public ? 

Alors que les taux d’abstention s’envolent à chaque élection et que les Français s’éloignent inexorablement de la politique, il est urgent d’aller rouvrir ces cahiers ! Cette situation changera-t-elle à la suite du vote récent des députés, qui demandent leur diffusion et la restitution de leurs contenus ? En attendant, une vaste enquête, publiée par la revue des Annales, vous permet de découvrir les doléances émises dans le département de la Somme. Loin de déborder de colère, elles révèlent un profond désir de participation citoyenne et de justice sociale.

Source The Conversation

Remontant au 14e siècle, les cahiers de doléances recueillent vœux, demandes et protestations adressés au roi ; ils sont rédigés dans le cadre des États généraux, assemblée des trois ordres du royaume – clergé, noblesse et Tiers État (le peuple) – convoquée par le gouvernement dans une période de difficultés. On peut citer les cahiers rédigés en 1483 pour les États généraux réunis sous Charles VIII à Tours, ceux de 1560 durant la minorité de Charles IX à Orléans ou ceux de 1614 sous Louis XIII à Paris (les derniers avant 1789).

Les plus célèbres cahiers de doléances sont ceux de 1789, rédigés pour les États généraux que Louis XVI décide de convoquer à Versailles pour le 1er mai 1789 afin de trouver une solution au déficit du pays. Cela n’aura pas suffi pour éviter la révolution, mais certains services d’archives, essentiellement départementaux, ont numérisé les cahiers de doléances de 1789. Voici un lien vers une liste (non exhaustive) sur le portail national des archives

Réseaux sociaux

X, Instagram, Twitch, TikTok, Youtube, Bluesky : et si on considérait enfin ces plateformes comme des médias ?

Dominique BoullierSciences Po

Quitter X ou Facebook pour migrer vers d’autres réseaux obéissant aux mêmes logiques ne résoudra pas les problèmes posés par les plateformes. De nouvelles règles s’imposent.

Dans le contexte de choc politique et médiatique lié à l’élection de Donald Trump et aux prises de position des magnats des médias sociaux, les alternatives proposées aux individus semblent peser de peu de poids face aux plateformes qui s’affranchissent de tout droit. Les initiatives ont fleuri récemment au moment où Musk a promu sur sa plateforme une orientation d’extrême droite qualifiant toutes les autres de « wokistes ».

Cependant, les problèmes étaient déjà là du temps du premier patron de Twitter, Jack Dorsey, ils ont été aggravés lorsque Musk a racheté la plateforme. La fuite actuelle soutenue par des opérations comme #quitteX marque un désaccord politique, mais n’est pas fondée sur la critique même de la fonction de ce type de plateforme virale, sur son architecture ni sur sa pertinence dans l’espace public.

Ainsi, se réfugier sur BlueSky, firme privée, qui reproduit l’ancien Twitter, sans questionner l’intérêt d’un tel système d’alerte cognitive permanente pour engendrer de la viralité, est une réaction à courte vue.

Les propagandistes du Kremlin (Colon, 2023 ont désorienté les opinions publiques sur Twitter. Ils recommencent déjà sur Bluesky. Rien ne justifie ce modèle de réseau et rien ne justifie que les politiques y soient présents encore alors que leurs quêtes de visibilité leur fait perdre tout contrôle à travers des réactions trop rapides, trop tranchées, non argumentées, et générant une réputation souvent illusoire ou alors délétère par la violence que cette viralité recherchée privilégie.

Mastodon constitue une alternative différente puisque complètement open source, contrôlée par les collectifs, et organisée en instance que l’utilisateur peut choisir, pour des effets de réseau plus limités et des effets de viralité nuls.

Quelles solutions ?

Les réseaux sociaux des années 2000 ont muté et doivent en fait être répartis en trois types de plateforme aux fonctions médiatiques et sociales bien différentes. Des régulations différentes doivent leur être appliquées sur le territoire européen ou même par pays, et non en fonction du nombre d’abonnés, comme veut le faire le DSA (Digital Services Act).


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Premièrement, certaines plateformes sont devenues des médias qui organisent le débat autour de contenus. C’est le cas de Twitter, de Facebook, d’Instagram et YouTube, de Twitch, de Reddit ou encore de TikTok. Leur fonction d’amplification, de viralité selon une orientation éditoriale, est essentielle, mais on les traite encore comme de simples hébergeurs, sans responsabilité sur les contenus publiés.

La couverture de la section 230 du Decency Act états-unien, qui les traite comme de simples fournisseurs d’accès, doit être retirée. Leurs récents passages à l’acte, politiques, ont choqué mais ils ont le mérite de montrer qu’il s’agit de médias avec une politique éditoriale (algorithmique) délibérée et orientée.

Ces plateformes et leurs propriétaires doivent donc demander une autorisation de publier analogue à tout autre publication et se voir contrôlées de la même manière que les autres médias (leur passage sous la supervision de l’Arcom en France est un bon signe). Leurs propriétaires devront répondre devant les tribunaux de tous les contenus illégaux publiés sur leur support. Pour l’éviter, ils devront appliquer une modération a priori et un contrôle éditorial.

Il n’est donc pas question de les empêcher d’avoir leur ligne éditoriale, mais de leur demander de l’assumer et, pour cela, d’interdire, selon les lois des pays, des publications racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminantes ou incitatrices à la haine et à la violence, ou au harcèlement. Ils devront sans doute faire payer leurs abonnés pour prendre en charge toute cette activité de modération.

Ce modèle de médias est simple, il existe, il fonctionne, il est inutile de chercher à inventer des règles de modération que les plateformes ne veulent pas appliquer ou qu’elles détournent – et qui exigent des moyens disproportionnés pour la police et la justice. Qu’attend-on pour le mettre en œuvre dans un pays, même si l’Europe ne veut pas se mettre d’accord ?

Deuxièmement, d’autres plateformes proposent des fonctions de messagerie : c’est le cas de Messenger, de WhatsApp, de Telegram, de Signal, etc. Les fonctions de téléphonie/visiophonie/échange de documents relèvent dans ce cas des télécommunications et restent réglées par les principes du fournisseur d’accès. Cependant, leur détournement en médias est déjà bien avancé sur Telegram ou sur WhatsApp puisque des vastes groupes de contact y sont autorisés. Il est facile d’interdire des groupes de plus de 150 comptes correspondant au maximum de l’interconnaissance possible.

Le passage au-delà de cette limite devrait entraîner le changement de statut vers celui de médias comme indiqué précédemment. Mais à la différence des plateformes médias, il serait possible de déléguer la responsabilité juridique aux administrateurs de ces listes, ce qui pourrait arranger les plateformes et reconnaître le rôle essentiel des collectifs et de leurs animateurs dans la régulation immédiate.

Troisièmement, enfin, d’autres plateformes peuvent continuer à fonctionner comme le faisaient les réseaux sociaux du Web 2.0, avec un nombre d’amis limité à l’interconnaissance (150 personnes) et une responsabilité des administrateurs de groupe pour réguler ce qui peut s’apparenter à du trolling, à du harcèlement ou à des contenus illégaux. Dans ce cas, en effet, une régulation spécifique est nécessaire, car c’est la seule innovation véritable par rapport aux régimes médiatiques précédents. Là aussi la viralité est contrôlée puisque rien ne sort directement du groupe.

L’essentiel reste que, dans toutes ces architectures, des dispositifs de ralentissement de la viralité soient rendus obligatoires.

En effet, la viralité est l’ennemi principal sur les plans cognitif, politique, culturel et civilisationnel. Cela n’empêche pas la lutte contre les émetteurs ou propriétaires extrémistes ni contre les désinformateurs professionnels des régimes autoritaires. Mais tous bénéficient plus que les autres de ces architectures toxiques de propagation accélérée.

Les dégâts cognitifs et culturels de ce rythme haché sous forme d’alerte permanente, de réactivité stimulée par les récompenses qu’affichent les vanity metrics (scores de like, de partage, de followers ou de commentaires) sont désormais visibles dans l’espace public. Chacun apprend à provoquer les réactions avec des contenus stimulants et choquants, dont le score de nouveauté (Vosoughi, 2018) est élevé.

Les plateformes jouent sur les deux tableaux : la durée d’exposition, en maintenant les utilisateurs sur la plateforme en flattant leurs habitudes (la bulle de filtre) mais aussi le choc en les encourageant à réagir et à faire réagir par des contenus surprenants (le score de nouveauté).

Ralentir ce processus oblige à viser les processus cognitifs de base, en exigeant des plateformes qu’elles mettent en place un tableau de bord permanent pour monitorer sa propre activité et sa vitesse de réaction, comme on le fait pour tout véhicule. Chaque signal constitue une alerte permanente qui peut ensuite être équipée de seuils pour choisir son niveau de réactivité, puis de règles qui imposent un ralentissement général de la réactivité et donc de la viralité.

Cela donne ensuite un outil pour les plateformes responsables qui veulent ralentir la viralité dans certaines situations, pour certains thèmes. Ces dispositifs doivent faire partie du cahier des charges à imposer à toutes les plateformes qui veulent opérer sur le territoire européen.

L’interdiction de la publicité serait la mesure radicale qui casserait le modèle économique de ces plateformes qui menacent la santé mentale et le débat public. Car, c’est le moteur des rémunérations publicitaires qui entraîne le paramétrage des algorithmes en faveur de la viralité, et cela en toute opacité, ce qui empêche d’auditer correctement ces algorithmes. Mais cela semble difficile à imposer alors même que les médias de masse dépendent eux aussi de la publicité.

L’Europe et la France ont les moyens d’agir

L’Europe et la France ont les moyens de réagir et de restructurer ce paysage médiatique numérique laissé en roue libre qui finit par détruire les principes mêmes du débat démocratique. À condition de définir ce que sont ces réseaux et de leur appliquer les règles existantes sans adhérer à la manœuvre libertarienne de prétendue menace sur la liberté d’expression états-unienne. Le contrôle doit porter sur la viralité (le free reach) et non sur l’expression (« free speech »), et cela change tout en matière d’acceptabilité de ces mesures.The Conversation

Dominique Boullier, Professeur des universités émérite en sociologie. Chercheur au Centre d’Études Européennes et de Politique Comparée, Sciences Po

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Ariane 6, l’autonomie européenne

Initialement prévu en décembre, le premier vol commercial [mission VA263] de la fusée Ariane 6 avait finalement été reprogrammé pour le 26 février. Seulement, Arianespace prit sagement la décision de le reporter à nouveau de quelques jours, « suite à des opérations additionnelles nécessaires sur le moyen au sol ». Et le décollage, depuis le Centre spatial guyanais [CSG] de Kourou, devait avoir lieu le 3 mars.

ariane6 2025 03 06 (© @esa cnes arianespace reuters)Seulement, quelques minutes avant le compte à rebours, le lancement fut une nouvelle fois annulé, une vanne s’étant avérée « dysfonctionnelle » au niveau de « l’un des tuyaux qui permettent d’avitailler le lanceur ». Combien de temps allait durer ce nouveau contretemps ? Cela « dépendra de notre capacité à trouver rapidement la source de l’erreur et surtout […] une solution », avait alors expliqué David Cavaillolès, le directeur exécutif d’Arianespace. « Le lanceur va bien, il est sain, le satellite aussi », avait-il assuré, en faisant référence au satellite militaire d’observation CSO-3 [composante spatiale optique].

Les ingénieurs et les techniciens n’auront mis que trois jours pour trouver une solution. En effet, ce 6 mars 2025, le lanceur Ariane 6 a décollé de Kourou, à 17 h 24, heure de Paris, et placé CSO-3 sur une orbite héliosynchrone à environ 800 km d’altitude, après 1 heures et 6 minutes de vol.

Laurent Lagneau · 6 mars 2025 (article)

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Starship d’Elon Musk explose pour la 2e fois

Par Ashley Strickland et Jackie Wattles,
CNN vendredi 7 mars 2025,

Le vaisseau spatial de SpaceX explose à mi-chemin pour la deuxième fois, perturbant le trafic aérien de la Floride.

Moins de 10 minutes après le début du vol, le vaisseau spatial, qui poursuivait sa route vers l’espace, a commencé à rencontrer des problèmes. Plusieurs moteurs du véhicule se sont visiblement arrêtés pendant la diffusion en direct, et le vaisseau a commencé à culbuter avant que SpaceX ne perde contact avec lui.

D’après CNN (live en direct au jour du lancement)
https://edition.cnn.com/2025/03/06/science/starship-launch-test-flight-8/index.html

La partie supérieure du vaisseau spatial Starship de SpaceX – le système de lancement le plus puissant jamais fabriqué – a explosé lors de son huitième vol d’essai, marquant le deuxième échec du véhicule en seulement six semaines.

• SpaceX a perdu le contact avec le vaisseau spatial quelques minutes après le début du vol. Après le dernier accident en janvier, des débris de l’explosion ont jonché l’archipel des îles Turks et Caicos, mais on ne sait pas encore exactement où les débris du vol 8 sont tombés.

• SpaceX a réussi à récupérer normalement après le lancement le propulseur Super Heavy sur sa tour d’accueil. 

• Le vol de ce vendredi 7 mars 2025 a eu lieu après que SpaceX ait abandonné ses plans de lancement lundi, les ingénieurs ayant résolu des problèmes non divulgués. La Federal Aviation Administration américaine a autorisé ce vol malgré une enquête en cours sur l’accident de janvier.

• SpaceX a déclaré avoir apporté des améliorations au véhicule Starship dans le but d’éviter un accident similaire. Le constructeur a depuis longtemps adopté une philosophie d’ingénierie et de développement qu’elle appelle « rapid iterative development » [développement itératif rapide].

La Méthode SpaceX

L’objectif était de construire rapidement des prototypes et de les placer sur la rampe de lancement avec la volonté de les faire exploser. Cette approche était évidente dès les premiers jours des opérations de SpaceX dans le sud du Texas, lorsque la société faisait régulièrement exploser des vaisseaux spatiaux préliminaires Starship lors de « hop tests » qui ne se déroulaient pas exactement comme prévu [like hoped].

Ce qui est différent entre la dernière mission Starship en janvier et le vol d’aujourd’hui – qui étaient tous deux des vols d’essai du système Starship intégré de SpaceX, des missions qui impliquent l’envoi d’un véhicule Starship vers l’espace au sommet d’un propulseur de fusée Super Heavy – c’est l’endroit et la manière dont les débris sont tombés.

Alors que le premier vol d’essai de Starship et Super Heavy a fait exploser une rampe de lancement dans les installations de Starbase de SpaceX en 2023, le vol 7 de janvier et le vol 8 d’aujourd’hui ont tous deux permis à Starship de voler au-dessus de l’Atlantique et des Caraïbes avant d’exploser près d’îles peuplées.

Les îles Turks et Caicos sont toujours aux prises avec l’explosion de janvier :  les habitants ont déclaré à CNN qu’ils continuaient à trouver des débris et s’interrogeaient sur les impacts environnementaux. Des débris avaient également heurté une voiture à South Caicos. (Aucun blessé n’a été signalé.)

L’accident d’aujourd’hui soulève encore plus de questions : pourquoi la FAA, qui délivre des licences pour les lancements de fusées commerciales, a-t-elle autorisé le lancement de Starship avant que l’enquête de l’agence sur l’accident du vol 7 ne soit terminée ? Les fusées expérimentales devraient-elles être autorisées à survoler des zones peuplées ? Et où, exactement, les débris du vol 8 sont-ils tombés ?

La FAA et Space X n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires. SpaceX ne répond généralement pas aux questions des journalistes.

L’article en anglais :
https://edition.cnn.com/2025/03/06/science/starship-launch-test-flight-8/index.html

 

Crew Dragon de SpaceX
a remplacé Starliner de Boeing

Après plus de neuf mois coincés dans l’espace à bord de la Station spatiale internationale, les deux astronautes, l’américaine Suni Williams et son compatriote Butch Wilmore ont amerri le 18 mars au large de la Floride grâce à l’appareil Crew Dragon de SpaceX d’Elon Musk.
 
la capsule du retour 18 mars 2025 (© nasa youtube)Partis en juin dernier pour une mission de huit jours, les astronautes avaient vu leur séjour dans l’espace s’éterniser après que des défaillances eurent été détectées sur le vaisseau Starliner de Boeing les ayant acheminés. Ces problèmes techniques avaient poussé la Nasa à décider durant l’été de renvoyer le vaisseau à vide et à confier leur retour à SpaceX, un camouflet pour le constructeur Boeing.
 
Voir l’article en anglais : The Verge
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  • Publication publiée :31 mars 2025
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