C’est fou
Je pense que c’est bien ainsi,
mais c’est fou « tout ce qu’on commene à faire sans savoir le faire » …
Abbatiale Saint-Austremoine à Issoire.
Capitale historique d’Auvergne
Clermont‑Ferrand séduit par le contraste saisissant entre son héritage historique et son identité de ville industrielle (Michelin) et thermale née des profondeurs volcaniques. Autour de la cathédrale gothique en pierre de lave et la basilique en arkose dorée, la ville conserve une atmosphère ancienne de petites ruelles. La ville m’a encore surpris les maisons à pans de bois, les places commerçantes et les traces de son passé art nouveau et art déco.
Mais Clermont est aussi une cité d’eaux : dès l’Antiquité, les sources chaudes issues du massif du Puy‑de‑Dôme ont attiré voyageurs et curistes, donnant naissance à un savoir‑faire thermal qui perdure encore aujourd’hui. Cette double identité — médiévale par son urbanisme, volcanique et thermale par sa géologie — confère à Clermont‑Ferrand un charme singulier, où l’histoire, la pierre et l’eau racontent une riche identité.
En apprendre plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Clermont-Ferrand
Cathédrale de l'Assomption
Érigée à partir du 13ᵉ siècle, la cathédrale Notre Dame de l’Assomption s’impose par sa construction intégrale en pierre de lave noire. Il a fallu attendre le 19ᵉ siècle pour voir l’achèvement des flèches par Viollet‑le‑Duc à 96 mètres.
De nombreux points d’intérêt pourront motiver une visite : les vitraux médiévaux parmi les plus remarquables du centre de la France, la nef d’une grande pureté architecturale, la crypte romane conservée sous le chœur, ainsi que les chapelles latérales ornées de peintures et de sculptures.
En apprendre plus : fr.wikipedia.org
Basilique Notre Dame du Port
Sur le chemin de Compostelle
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Compostelle, la basilique Notre‑Dame‑du‑Port témoigne de près d’un millénaire d’histoire spirituelle et d’accueil des pèlerins. Au 6ᵉ siècle, l’évêque Avit fait construire une église dans ce quartier, plusieurs fois détruite et reconstruite, avant l’église romane. Celle-ci est édifiée au 12ᵉ siècle, son chevet polychrome en arkose et lave, ses fins chapiteaux historiés et son plan en croix latine représentent l’un des plus beaux exemples de l’art roman auvergnat. À la fois lieu de passage, d’art et de mémoire, cette basilique demeure l’un des trésors les plus attachants de Clermont‑Ferrand.
Dévotion mariale
Les plus anciens documents mentionnant Notre-Dame-du-Port remontent au 10ᵉ siècle. Elle est la première église dédiée à la Vierge du Clermont carolingien. Il ne reste rien de cet édifice primitif, cependant, lors de travaux de restaurations en 1923, deux têtes en bois polychrome (Vierge et enfant) ont été découvertes. Une sculpture de Vierge à l’enfant existait dès le 11ᵉ siècle. La dévotion à la Vierge va connaître un essor particulier à partir de 1614 : suite à un hiver long et rigoureux, les récoltes s’annoncent mauvaises et la disette menace.
Le 15 mai 1614, la Vierge de Notre Dame du Port est sortie de la crypte pour une procession générale à travers la ville. Supprimée à la Révolution, cette procession est restaurée en 1809. Elle est établie le dimanche qui suit le 15 mai.
Un vrai chef-d’œuvre du style roman auvergnat.
Par chef-d’œuvre, il faut entendre la construction d’un édifice dont les proportions, les élévations et l’ornementation s’approchent de la perfection, car réalisées par les ouvriers les plus qualifiés de leur temps. Les influences sont multiples, inscrivant Clermont sur un grand axe Nord-Sud, depuis la Bourgogne jusqu’au Rouergue.
Ces bâtisseurs du 12ᵉ siècle se sont inscrits dans la continuité architecturale de l’Antiquité et des premiers siècles du christianisme. Dans les détails de décoration, on peut relever leur longue assimilation des expériences méditerranéennes d’Espagne ou d’Italie, dans l’art byzantin et mozarabe.
Plus sur la Basilique : https://basiliquenotredameduport.fr/
Le tympan du portail sud
Les sculptures du portail sud, l’un des plus grands de Basse Auvergne, présentent un très bel ensemble iconographique. Au centre, le Christ trône en gloire, l’Alpha et l’Omega au-dessus de ses épaules. Il est entouré des symboles des quatre évangélistes : à ses pieds figurent le lion ailé de Saint-Marc et le taureau ailé de Saint-Luc, tenant chacun un livre. Au-dessus de sa tête figuraient les deux autres évangélistes. L’aigle de Saint-Jean et l’homme ailé de saint Mathieu.
Trois scènes sculptées présentent la manifestation de Dieu parmi les hommes. Jésus y est reconnu comme Roi, Messie et Fils de Dieu·:
La Crypte
Sous le chœur, la crypte conserve une statue de la Vierge mise en valeur par les jeux de lumière sur les colonnes, les chapiteaux et l’élégante élévation intérieure.
Ceci donne au lieu une atmosphère de calme et de recueillement. Les décors sculptés racontent épisodes bibliques et symboles médiévaux. Je me suis longuement attardé dans la forêt de colonnes, impressionné aussi par les murs couverts d’exvotos.
À propos de la découverte de 1923
Deux têtes, datées de la fin du 10ᵉ ou début du 11ᵉ siècle, sont découvertes en 1939 dans un mur lors de travaux dans la basilique. Elles appartiennent apparemment à une Vierge en Majesté, assise sur un trône, tenant l’enfant sur ses genoux. Les traits des visages, soulignés de noir, leur confèrent une expression surprenante d’intensité et de mystère. On peut penser que ces deux têtes sont celles de la statue miraculeuse de Notre-Dame du Port, vénérée avant que l’église romane actuelle ne soit construite. Nos anciens les ont probablement remplacées du fait de leur mauvais état. Ils avaient l’habitude d’ensevelir ou de cacher dans un mur les restes abimés quand ils réalisaient une nouvelle image et c’est vraisemblablement ce qui s’est passé pour cette vierge à l’enfant.
Royatonic
Alexia nous a offert quelques heures au Royatonic. C’était en fait le motif premier de notre séjour. Cet établissement prolonge aujourd’hui l’héritage millénaire des eaux chaudes de Clermont‑Ferrand, connues depuis l’Antiquité pour leurs vertus thérapeutiques.
Alimenté par la source naturellement chaude des Grottes Rouges, le centre thermoludique offre une expérience contemporaine qui fait écho aux thermes historiques de Royat‑Chamalières, réputés pour soigner les affections cardiaques et circulatoires.
Entre bassins extérieurs fumants, architectures de pierre volcanique et ambiance minérale, Royatonic incarne une rencontre réussie entre bien‑être moderne et tradition thermale auvergnate.
Nouvelle fenêtre : https://www.royatonic.com
L’édifice

Remarquable par l’harmonie de ses volumes, la richesse de son décor sculpté et l’éclat de son chevet polychrome en arkose, une pierre locale, sa construction est un joyau de l’art roman auvergnat.
Édifiée au 12ᵉ siècle sur un plan en croix latine, l’abbatiale se distingue surtout par son exceptionnelle conservation iconographique, où chapiteaux historiés, entrelacs et symboles bibliques composent un véritable livre de pierre. À l’intérieur, la crypte, les peintures murales restaurées et la lumière chaude filtrant sur les colonnes striées révèlent un espace d’une rare cohérence esthétique.
Classée monument historique dès 1840, l’abbatiale représente un témoin majeur de l’identité spirituelle et artistique de l’Auvergne, permettant aujourd’hui encore, de saisir la puissance créative des bâtisseurs romans.
Saint-Austremoine
Les reliques de Saint-Austremoine ont connu un destin mouvementé qui reflète plus d’un millénaire de dévotion auvergnate.
D’abord inhumé à Issoire, où son tombeau devint très tôt un lieu de pèlerinage, le premier évêque de Clermont voit sa tête transférée au 9ᵉ siècle à Saint‑Yvoine avant de revenir à Issoire vers l’an 900.
L’épisode décisif survient en 848, lorsque Pépin II d’Aquitaine fait transporter les reliques principales depuis Volvic jusqu’à l’abbaye de Mozac, qui devient dès lors le centre majeur de son culte.
Une châsse médiévale, probablement en émaux de Limoges, disparaît au fil des siècles, remplacée à la fin du 16ᵉ siècle par la grande châsse en bois peint encore visible aujourd’hui. Longtemps portée en procession et honorée dans les rogations, elle a été ouverte en 2022 pour permettre sa restauration, rappelant la continuité d’une vénération enracinée depuis l’Antiquité chrétienne.
Classé parmi les Plus Beaux Villages de France, Montpeyroux s’élève comme une sentinelle de pierre blonde au-dessus de la vallée de l’Allier. Son identité est indissociable de l’arkose, cette roche sableuse aux teintes dorées qui a façonné ses maisons, ses ruelles et son imposant donjon médiéval. Les anciennes carrières, exploitées depuis au moins le 11ᵉ siècle, ont fourni un matériau d’une qualité exceptionnelle, recherché dans toute l’Auvergne pour sa résistance et sa luminosité (on le retrouve notamment dans les grandes églises romanes de la région, dont l’abbatiale Saint‑Austremoine d’Issoire).
L’exploitation de l’arkose, pourtant centrale dans l’histoire de Montpeyroux, décline à partir du 19ᵉ siècle pour plusieurs raisons convergentes. D’abord, l’industrialisation bouleverse les techniques de construction : les pierres locales, taillées à la main, deviennent moins compétitives face à l’utilisation des pierres volcaniques noires plus faciles à travailler et moins abrasives pour les outils. Ensuite, les carrières d’arkose sont difficiles à mécaniser : la roche se présente en bancs irréguliers, nécessitant un travail manuel long et coûteux. Enfin, les conditions de travail dans les carrières — poussière, risques d’éboulement, pénibilité — accélèrent l’abandon du métier au profit d’emplois plus sûrs et mieux rémunérés.
Découvrir Montpeyroux : https://www.issoire-tourisme.com/
Sainte Radegonde
Sainte Radegonde est honorée par une statue dans l’église du village perché de Sainte-Yvoine.
Princesse royale née en Thuringe (520-587), elle devient reine de France en épousant Clotaire 1ᵉʳ, fils de Clovis. Lorsque ce roi sauvage eut ordonné le meurtre du jeune frère de Radegonde, celle-ci s’enfuit à Noyon, auprès de saint Médard qui lui donna le voile des moniales. Elle se retira à Poitiers, où elle érigea le monastère de Sainte-Croix. Radegonde vint au secours des malades et des miséreux. Elle mourut le 13 août 587. De nombreux récits médiévaux relatent les miracles accomplis par la sainte, tant chez l’adulte que chez l’enfant.
Son culte nous fut transmis par les moines de Charroux, de Poitou. Chassés par les Normands, ceux-ci vinrent se réfugier à Saint-Yvoine. Ce village était à l’époque domaine du Comte du Limousin. Ce dernier a octroyé aux moines de Charroux, entre autres dons, leur château de Saint-Yvoine et la cure de Sauvagnat.
Source : note explicative, église de St Yvoine.
Voir également : généalogie Kirsch-Dubois.
PS : notez que la lignée attribuant à Charlemagne,
après mort, une descendance de Clovis, reste très incertaine.
Coucher de Terre prise par l’équipage d’Artémis II et publiée par la Nasa le 7 avril 2026 (© Handout / NASA/AFP)
La lune
Plus de 57 ans après le célèbre cliché du lever de Terre d’Apollo 8 qui avait bouleversé notre vision du monde, les Américains Reid Wiseman, Christina Koch (première femme de l’Histoire à survoler la Lune), Victor Glover et le Canadien Jeremy Hansen nous ont offert une nouvelle vue inédite de la planète bleue. Ils ont vu la lune à 6·550·km.
Je me suis surprise à remarquer non seulement la beauté de la Terre, mais aussi toute cette obscurité qui l’entourait, et à quel point cela la rendait encore plus extraordinaire.
Christina Koch
40 ans plus tard
Une visite de la zone d’exclusion a donné lieu ce mois-ci à un long reportage de Courrier international. En voici l’éditorial qui montre à quel point est erronée l’idée communément admise que Tchernobyl est une zone contaminée et désolée.
La région a une histoire fascinante, la nature reprend ses droits, la contamination est en grande partie maîtrisée et la zone d’exclusion est un endroit envoûtant, fascinant et magnifique.
https://www.courrierinternational.com/reveil/2026-04-25#article-3
Tchernobyl













































































