Septembre

 

2026

2026 la capte no5 vestibule (46) odile detail
Sous les oliviers, le dortoire extérieur des Marjoris

Un avenir sans fil, sans frontières, libre ?

2026 azadeh akbari univ frankfortQue reste-t-il de la démocratie lorsque l’État [ou une société privée] ne se contente plus d’interdire, d’enfermer, … mais écoute, enregistre, lit et relie les conversations de ses citoyens· ?.


Azadeh Akbari
Enseignante études critiques des données,
Université Goethe de Francfort.

L’astronome de Samarcande et son assistante à l’Observatoire Solaire Éphémère du 12 août 2026

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Soir sur les Marjoris

 

Feux de forêt

2026 surfeurs regardant l'éclipse de soleil au cap ferret (© afp) bandeauPendant un instant, tout semblait de nouveau aller bien : des surfeurs observaient l’éclipse solaire au Cap Ferret, non loin de l’endroit où faisaient rage les plus importants incendies de forêt depuis des décennies (© AFP)

Vu d’Allemagne

Après les feux de forêt historiques en Gironde,
le jeu dangereux du gouvernement français

Alors que la saison touche à sa fin dans le sud-ouest de la France, ravagé par les incendies, un débat s’engage sur les causes de la catastrophe et les moyens de protéger la forêt des landes de Gascogne.

Pour le quotidien conservateur allemand « Frankfurter Allgemeine Zeitung »,
il est urgent de voir en cette dernière « davantage qu’une simple usine à bois »

2026 foret des landes ravagée par les flammes au porge, gironde, 31 juillet (© sarah meyssonnier reuters)La forêt des Landes ravagée par les flammes
au Porge, en Gironde, le 31 juillet 2026
(© Sarah Meyssonnier/Reuters)

À première vue, rien n’a changé : au Cap-Ferret, destination huppée à la pointe de la presqu’île du même nom, au bord du bassin d’Arcachon, les touristes commandent toujours des douzaines d’huîtres dans les derniers rayons du soleil, et le Petit Train vert traverse la péninsule pour acheminer les enfants de la jetée à la plage de l’Horizon, où les tempêtes hivernales ont englouti quelques anciens bunkers allemands. Dans le village du Canon, qui doit son nom à une ancienne pièce d’artillerie de l’époque de la Révolution, les autos-tamponneuses et les stands de tir à la carabine de la fête foraine sont encore là.

Les riches Parisiens qui avaient fui les incendies en juillet garent de nouveau leurs Range Rover derrière leurs villas à plusieurs millions inspirées des cabanes de pêcheur traditionnelles, puis grimpent dans leurs vieilles Méhari ou leurs Mini Moke et roulent, pieds nus, vers le célèbre Sail Fish [un bar et restaurant festif] pour danser à en perdre la tête sur Dans les yeux d’Émilie, le tube de Joe Dassin écrit dans les années 1970, preuve que le comble du luxe n’est pas un séjour dans un palace mais un voyage dans le temps, à l’époque où la France développait son TGV et son Concorde, libre de toutes les préoccupations sociales et économiques d’aujourd’hui – une époque qu’ils convoquent ici à grand renfort de playlists nostalgiques et de vieux tacots rutilants.

Au loin, le phare balaie les forêts de pin de sa lueur rouge, et seule la multitude de petits morceaux de charbon déposés de temps à autre par la marée au milieu du goémon vient nous rappeler le drame survenu ici il y a un peu plus d’un mois.

Si le vent avait tourné

2026 gironde incendiesIncendies en Gironde : zones touchées
(estimations pour la période du 22 au 30 juillet 2026
© MODIS BURNT AREAS, EFFIS)

Du 22 juillet au 1ᵉʳ août, 42 000 hectares sont partis en fumée dans l’un des pires feux de forêt que l’Hexagone ait jamais connus. Plus de 220 000 personnes ont dû être évacuées et plusieurs centaines de maisons ont été réduites en cendres, principalement dans la petite ville du Porge, 3 500 habitants, connue entre autres pour son village naturiste, La Jenny.

Depuis, la région offre un paysage apocalyptique, mélange de troncs calcinés, de maisons carbonisées et de carcasses de voitures. De quoi rappeler au visiteur que si le vent avait tourné, la catastrophe aurait pu être plus terrible encore, voire mener à l’évacuation et à la destruction de certains quartiers de Bordeaux. Et tandis que la vie reprend son cours sur le bassin d’Arcachon, en coulisses, la bataille politique, elle, fait rage. À l’approche de l’élection présidentielle, les incendies sont devenus le symbole, chez les responsables politiques comme chez les citoyens, des diverses crises que traverse le pays.

En visite au Porge, le 17 août, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, s’est fait traiter de “menteur” et s’est vu reprocher de ne prendre que des “mesurettes”. Les Porgeais ont le sentiment d’avoir été sacrifiés pour protéger la très chic presqu’île du Cap Ferret. Mais là-bas aussi, on reproche à l’État de ne pas avoir fait le nécessaire, forçant les habitants à prendre les choses en main. Au point de provoquer un bras de fer entre le maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville, chirurgien-dentiste, et l’un de ses plus éminents et légendaires administrés, Benoît Bartherotte, ancien président de la maison de couture Jacques Esterel.

Dans les années 1980, l’homme d’affaires a abandonné sa vie parisienne pour s’installer avec sa femme et ses sept enfants au bord du bassin d’Arcachon. Son terrain étant à l’époque menacé par l’érosion, il a fait venir de son propre chef, et sans autorisation officielle, des milliers de camions remplis de pierres et de béton qui ont permis de sauver sa parcelle et l’ensemble du littoral paradisiaque de la pointe du Cap Ferret. Beaucoup lui en sont aujourd’hui reconnaissants, mais dans le pays de Napoléon, inventeur de la bureaucratie moderne, ce genre d’initiatives isolées fait aussi grincer des dents.

Polémique sur un pare-feu illégal

Quand les flammes ont menacé d’atteindre la presqu’île, poussées par le vent, à la fin du mois de juillet, Benoît Bartherotte a pris une nouvelle initiative et fait aménager un pare-feu de 300 mètres de long sur une parcelle publique de forêt, au pied du Cap-Ferret, afin de stopper la progression de l’incendie s’il devait arriver jusque-là. Une démarche mal accueillie par Philippe de Gonneville, selon qui l’homme d’affaires aurait mieux fait d’utiliser son argent pour l’une des tranchées aménagées par les pompiers plus au nord, et protéger ainsi l’ensemble de la presqu’île.

Bartherotte, lui, reproche à l’État son inaction depuis de nombreuses années. Si le vent avait soufflé des brandons par-delà le pare-feu du nord, tout le Cap Ferret aurait brûlé, assure-t-il. Deux visions du monde s’entrechoquent dans cette affaire, symboles d’un antagonisme qui divise le pays tout entier : d’un côté, une bureaucratie à l’organisation millimétrée, suréquipée et lourdaude, où chaque domaine de la vie, même le plus infime, possède son propre département géré par des spécialistes considérés comme de hauts dignitaires, et de l’autre, un esprit de résistance antiétatique, une soif de rébellion profondément ancrée, érigés en modèle par Uderzo et Goscinny dans Astérix. Et Benoît Bartherotte fait clairement partie de ceux qui seraient prêts à avaler toutes les potions magiques possibles et imaginables pour défendre leur village gaulois, n’en déplaise à l’État.

Mais il a au moins raison sur un point : l’inaction de l’État. La forêt des landes de Gascogne [située principalement dans les départements de la Gironde et des Landes], plantée au XIXe siècle à des fins industrielles, est détenue à 90 % environ par des propriétaires privés. Et l’État est trop longtemps resté les bras croisés face à l’impréparation de ces parcelles au risque croissant d’incendie à l’heure du réchauffement climatique, laissant notamment les mauvaises herbes envahir les pare-feu. Au bout du compte, ce n’est pas “le dérèglement climatique” qui a engendré la catastrophe, mais notre irresponsabilité face à ses répercussions.

Rapport capitaliste à la forêt

L’incendie s’est déclenché parce qu’un bureaucrate a autorisé l’utilisation d’une débroussailleuse pour défricher les abords d’une ligne à haute tension malgré la chaleur extrême qui régnait depuis des semaines. C’est une étincelle produite par la machine qui aurait mis le feu aux sous-bois, d’après les conclusions de l’enquête. On connaît la suite : pas assez de Canadair, des mesures trop timides. Mais le véritable problème reste encore et toujours le rapport à la forêt, considérée comme une simple usine à bois qu’il convient d’exploiter au maximum.

William Blake écrivait en 1799 : «  L’arbre qui fait verser aux uns des larmes de joie n’est aux yeux des autres qu’une chose verte qui se dresse en travers du chemin ». Il en va de même avec l’industrialisation : la forêt qui est pour les uns un poumon protecteur face au dérèglement climatique n’est aux yeux des autres qu’une réserve de bois à rentabiliser. Jusqu’à présent, le gouvernement français n’a pas osé se mettre à dos le secteur de l’exploitation forestière.

Et si l’État propose des aides financières pour reboiser avec des feuillus, ces arbres jouant le rôle de pare-feu naturel, aucune mesure n’a encore été prise pour restaurer les marais qui se trouvaient là autrefois, ni imposer la plantation de chênes des Pyrénées, essence plus résistante à la chaleur et aux variations climatiques. Le regard porté sur ces immenses pins a néanmoins changé : ils apparaissent désormais comme un produit de la modernité, cultivés pour la maximisation du profit, à la beauté aussi vertigineuse et éphémère que les gratte-ciel qui, comme eux, chancellent et craquent au moindre souffle de vent, et qui brûlent comme des allumettes.

Dans son souci de ménager le secteur du bois, l’exécutif français joue un jeu dangereux. Si de nouveaux incendies de cette ampleur venaient à se reproduire prochainement, la région pourrait faire une croix sur le tourisme, qui génère quelque 3,2 milliards d’euros chaque année et fait vivre plus de 50 000 personnes. L’avenir touristique de la région dépendra de la capacité de chacun à voir en cette forêt davantage qu’une simple usine à bois.

Source : Niklas Maak dans
 Frankfurter Allgemeine Zeitung.
 L’article original

Traduit de l’allemand par
Manon Delfour dans
Courrier International, septembre 2026.

Bilan carbone

Dans les forêts des Landes, le stockage de CO₂ atteint ses limites, et ce n’est pas seulement dû aux incendies.

Des chercheurs botanistes et specialistes de l’environnent, dans leurs laboratoires d’experimentation, sur le terrain et dans leurs publications nous allertent : indépendament des terribles feux de cet été, la Forêt des Landes produit plus de gaz à effet de serre qu’elle n’en absorbe, contribuant ainsi au réchauffement climatique qui la fragilise. 

Article sur ce sujet dans The Conversation

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La Capte

Sur la commune de Hyères

Entre le centre d’Hyères et la presqu’île de Giens, une confortable location à proximité immédiate des commerces, nous attendait à La Capte. Elle nous a plu, car elle offrait tout le confort espéré et une déco, plutôt inhabituelle, mais très agréable à l’œil. Odile et J-Jo s’y étaient installés pour trois semaines pour y accueullir famille et amis. C’est dans ce cadre que nous avons passé une semaine de vacances en leur compagnie.

Non loin de là nous avons pu repérer la maison d’un cousin éloigné, Pascal Richard, avec leurs deux cigales sur la façade.

Sur la prequ’île, Denis, le parrain de Jérémie et son éouse Corinne, nous ont proposé le café dans leur jardin au pied du village de Giens.

Nous avions prévu de passer une journée à Éguilles pour l’inhumation des cendres de Dominique dans le caveau Dubois ou reposent  Albert, Marcel et Gaby – son frère et ses parents. Cela nous a permis de revoir d’autres membres de la famille, réunis dans le patio d’Alyette à St-Cannat.

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